Immobilier
Décryptage

Crédit immobilier : les grandes tendances pour 2018

par La rédaction - le 08/03/2018

Même si les taux d’intérêt restent très favorables aux emprunteurs, les experts continuent d’anticiper une remontée des taux qui pourrait être particulièrement préjudiciable aux primo-accédants.

Dans le contexte actuel de taux bas, le marché immobilier français est dynamique, avec des volumes de ventes historiques. Cette tendance va-t-elle perdurer ?

Des taux historiquement bas

Depuis 2011, les taux immobiliers battent des records à la baisse. Et la production de nouveaux crédits atteint des sommets : 252 milliards d’euros en 2017 d’après les chiffres de la Banque de France. Cette même année, l’encours total des crédits à l’habitat a atteint 9995 milliards d’euros, soit une hausse de 6% par rapport à l’année précédente.

La tendance baissière se poursuit

En ce début d’année 2018, les taux d’intérêt des prêts immobiliers continuent de baisser. D’après les chiffres de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, en février 2018, ils ont retrouvé leur niveau de février 2017, soit 1,47% en moyenne, une situation qui correspond à un phénomène de baisse initié dès août 2017.

Deux explications principales à ce phénomène : l’environnement de taux bas soutenu par la politique de la Banque Centrale Européenne, et la concurrence très vive qui se joue entre les banques pour les demandes de financement et de refinancement.

Une menace haussière ?

Les experts du cabinet d’études économiques sectorielles Xerfi anticipent une stabilisation ou une remontée des taux de crédits à l’habitat, compte tenu du niveau plancher des taux d’intérêts. Selon leurs analyses, il ne faut pas s’attendre à un assouplissement des conditions d’octroi de crédit de la part des banques ce qui ne permettra pas de resolvabiliser la demande. A la clé une décélération des ventes en volume et une possible accalmie sur les prix. Même analyse pour Meilleursagents.com qui vient de publier la 100ème édition de son baromètre mensuel d’analyse du marché immobilier résidentiel. 2018 pourrait voir les taux d’intérêts retrouver de la vigueur avec des conséquences majeures sur l’évolution des prix. Au second trimestre 2018, les taux pourraient dépasser 2% sur 20 ans.

Quel impact ?

La hausse devrait impacter différemment les différentes catégories d’emprunteurs. Si les meilleurs profils (couple  d’emprunteurs en CDI percevant des revenus élevés) continueront à bénéficier de conditions globalement favorables, ce contexte devrait fragiliser particulièrement les primo-accédants.

En effet, ces dernières années, alors même que les conditions de taux étaient favorables, ils ont été  moins nombreux à profiter d’un emprunt immobilier pour accéder à la propriété. Ils ont représenté moins de 50% en  janvier 2018 de la clientèle d’emprunteurs du courtier immobilier CARPI contre 60% en décembre 2017. Le courtier anticipe une basse des demande de crédits des primo-accédants en 2018, un phénomène accentué par la réforme des dispositifs d’aides au logements comme le recentrage du prêt à taux zéro (PTZ) ou la suppression de l’APL accession dans le logement neuf.

La rédaction

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